• Lucien LEGAY -Vice président de la FNAPAEF.

Parlons clairement !


Les avez vous entendus , les politiques, candidats ou pas , la semaine dernière et tout le week-end se lamenter des révélations du livre "Les Fossoyeurs" ? Tous y vont de leur couplet, se scandalisant du rationnement des couches et de l'alimentation dans les EHPAD d'ORPEA et réclamant force contrôles. Ils étalent ainsi leur ignorance grave du problème . A moins qu'ils ne simulent …

Pourtant , de Nicolas Sarkozy qui nous avait fait des promesses vite effacées par François Fillon en fin 2011, à la promesse d'Emmanuel Macron en avril 2018 (bientôt 4 ans!), les rapports et propositions n'ont pas manqué: ils préfèrent les laisser s'entasser dans les armoires du ministère plutôt que de les étudier. Il suffit de lire le rapport Iborra-Fiat de 2018 pour connaitre la situation des EHPAD aujourd'hui, tout y est déjà. Et ce n'est ni en rédigeant un référentiel supplémentaire, ni en instituant de nouveaux contrôles ou en supprimant les établissements privés que l'on va résoudre le problème, ni en virant le directeur d'ORPEA .


Car le problème ( mais ce n'est pas le seul) est celui de la santé pris globalement (du médical et du médico-social) de la naissance à la fin de vie, de la prévoyance, de l'environnement des handicapés, de l'aide à domicile, de la médecine de ville, des déserts médicaux, de l'hôpital en souffrance (urgences, filière gériatrique ) de l'accueil en établissements des personnes en perte d'autonomie, des soins palliatifs. Mais surtout il faut pouvoir financer tous ces services. Et si certains peuvent payer 7000€ par mois chez ORPEA ou ailleurs, la plupart des résidents et leurs familles n'en peuvent plus; quand le reste à charge moyen est de l'ordre de 2000 € par mois, comment faire ? Epuiser ses économies? Vendre sa maison ou son appartement ?Prendre une assurance-dépendance et se faire spolier? solliciter l'aide de la famille ou l'aide sociale (en général les deux) ?

La Loi du 7 août 2020 relative à la dette sociale et à l'autonomie parle bien d'une 5ème branche de la Sécurité Sociale consacrée à l'autonomie mais surtout reporte l'extinction de la dette sociale en 2033 privant ainsi de financement cette nouvelle branche devenue une coquille creuse sans définition ni moyens. L'évaluation des besoins financiers pour une prise en charge de l'accompagnement de la perte d'autonomie a été faite pendant la concertation ayant conduit au rapport de Dominique Libault; on aurait pu, en 2020 intégrer cette dépense dans " le quoi qu'il en coûte".


Quel candidat osera aborder le sujet dans le détail pendant la campagne ? Qu'en dit le président candidat qui nous avait fait de belles promesses ?