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Le Qualiscope en EHPAD, expression de la qualité de vie des résidents ?

  • Françoise GOBLED, présidente de la FNAPAEF
  • il y a 6 jours
  • 2 min de lecture

Si on ne peut pas nier la volonté de l’HAS de renforcer la transparence de la démarche qualité des établissements en portant au public les résultats des évaluations en ligne, les différents scores et critères d’évaluation ne reflètent, in fine, qu’une image trop partielle de l’espérance de trouver un vrai lieu de vie respectueux de cette dernière étape de la vie.

 

L’évaluation HAS mesure avant tout la formalisation des processus (documents, procédures, traçabilité).

Au contraire des établissements publics, les EHPAD des grands groupes privés commerciaux bénéficient de l’aide d’équipes qualité centralisées.

Cette organisation administrative méthodique propulse leurs notes et scores indépendamment du service rendu au résident et attaque injustement de facto la réputation des EHPAD publics.

Le choix des personnes âgées et de leurs familles en pleine réflexion, béotiennes en la matière, s’en trouve largement impacté, voire potentiellement faussé.

 

Dans cette bascule de l’accompagnement de nos aînés dans l’ère du scope, la note globale finale fige une photographie à l’instant T, valable pendant 5 ans.

Quid des évolutions lors de cette période ? Changement de direction, de management, de turn-over des personnels, de possibilité de postes vacants, de réponses aux axes d’améliorations.

 

Les exigences normatives de l’évaluation avec ses très nombreux critères, items, scores, à la formulation quelque peu obscure pour les non-initiés sur Qualiscope, ne traduisent aucun détail sur les bonnes pratiques espérées mises en jeu sur le terrain en direction du résident.

 

Le ressenti des résidents, déjà difficile à exprimer devant une personne étrangère inconnue, exclut l’expérience de ceux et celles aux troubles cognitifs avancés.

Aucun éclairage sur le quota des personnels, le temps consacré auprès du résident dans les actes de la vie quotidienne, sur l’animation (essentielle dans un vrai lieu de vie).

 

L’absence de critères sur le ressenti des familles et proches, la qualité des prestations hôtelières, la démocratie participative, l’efficience des CVS, l’investissement dans des pratiques innovantes, la qualité de vie au travail des personnels, ne fait que contribuer au frein de l’élan affiché par l’HAS de volonté de choix en toute transparence.

 

Pour ces raisons, la FNAPEF émet des réserves sur le pouvoir de décodage de la note par les usagers.

 

En tout état de cause, rien ne saura remplacer le bénéfice des visites sur place, avec rencontre de personnels, de résidents, de familles et d’élus au CVS.


Françoise GOBLED, Présidente de la FNAPAEF




 
 
 

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