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les anciens et leurs proches parlent aux candidats présidentiels et aux parlementaires

Webconférence du 1° avril 2022 

   - Prévention de la perte d’autonomie liée à l’âge. 
 

   - Donner du sens à l’avancée en âge.

Répondre aux enjeux de la longévité  et de la démographie rend une politique nationale de prévention et de compensation de la perte d’autonomie indispensable.

 

Il faut faire évoluer notre système de santé curatif vers un modèle basé sur la prévention

 

Elle procurera des effets rapides et concrets sur la qualité de vie de nos aînés  et les conditions de travail des soignants et des aides à domicile et sur les coûts de la dépendance.

 

La prévention de la perte d’autonomie physique ou cognitive nécessite une vision globale de la personne à toutes les étapes de sa vie avec sensibilisation et éducation dès le plus jeune âge et ensuite dans le monde du travail au travers de la médecine du travail et de la qualité de vie dans les entreprises

Elle inclut le repérage et la prévention de l’isolement et de la précarité, portes ouvertes au repli et la perte de chances dans la prise en charge précoce efficiente.

Elle ne se décrète pas brutalement juste aux portes de la dépendance

La perte d’autonomie n’est pas la conséquence inéluctable de la vieillesse .

 

La société doit considérer le vieillissement comme un parcours de vie sans rupture d’accompagnement et de soins et lutter contre l’âgisme renvoyant l’image de vieux inutiles et charges de dépenses

Elle ne peut se concevoir qu’à travers une pluridisciplinarité des acteurs de santé et d’accompagnement formés  en corrélation avec les services sociaux .

Décloisonner le sanitaire- médico-social -social, hôpital-ville, professionnels-personnes âgées, avec une notion indispensable de transversalité revêt un caractère urgent.

 

La coordination des parcours et la lutte contre les inégalités sociales et territoriales sont deux chantiers  également prioritaires.

 

L’activation d’une politique ministérielle conjointe est essentielle (Santé, Handicap, Sport, Education Nationale, Logement, Urbanisme, Transport, Economie)

 

     Pour réussir une vraie prévention il faut :

 

  • Prévenir, repérer l’isolement (familial, social, géographique) et la précarité, facteurs d’éloignement des soins, de désocialisation et de chute dans la dépendance. Etudier une remontée efficiente de toute remarque des visiteurs ( professionnels de santé, famille, voisins, facteurs, commerçants, bénévoles etc.).

      Mobiliser les citoyens, les associations de bénévoles, les acteurs publics autour de l’établissement d’un plan territorial de lutte contre les                risques d’exclusion

  • Mettre en place une politique  durable de soutien au maintien à domicile avec aides aux tâches courantes y compris administratives,  et à l’aménagement du logement . Identifier les besoins, proposer des réponses et évaluer la qualité du service rendu

  • Renforcer l’offre de soins et d’accompagnement à domicile avec formation des acteurs et coordination entre Département et ARS et en faire une cartographie « grand public » pour en faire un document-support lisible et compréhensible à donner aux aînés et leurs proches.

       Regrouper tous ces services en un seul portail avec le rôle de conseil et d’accompagnement.

  • Former tous les professionnels de santé à la prévention, à la coordination et à la relation avec le patient et ses proches aidants

  • Evaluer et bâtir des systèmes de prévention tel le programme ICOPE de l’OMS dont le modèle de prévention de la dépendance repose sur 5 piliers : dépistage avec des grilles simples ; évaluation des besoins,  et si altération, élaboration d’un plan de soins personnalisé pluridisciplinaire, fléchage du parcours de soins et suivi, implication des collectivités

Le service rendu à la personne en matière de prévention de l’autonomie dans sa globalité reste en effet encore à construire au niveau des évaluations, dans la définition des réponses, les instances d’attribution des aides individuelles et du suivi des prestations.

  • Favoriser l’étude et l’émergence d’habitats alternatifs.(résidences services, béguinages, habitat partagé, habitat intergénérationnel, accueil Familial) Encadrer les bailleurs sociaux

  • Rendre le caractère domiciliaire aux EHPAD, les ouvrir au monde extérieur et établir un bilan général (physique, cognitif, sensoriel) à l’entrée pour éviter la perte rapide d’autonomie de marche, de continence, de décisions, de bien-être ,trop souvent observée malheureusement. Inclure la prévention dans le système Pathos. Renforcer stimulation et animation.

  • Renforcer le suivi de retour d’hospitalisation et ses conditions pour recouvrer la meilleure autonomie rapide et éviter une grabatisation progressive ou un syndrome dépressif.

  • Décliner l’urbanisme en se préoccupant de favoriser l’activité physique et lien social en renforçant  l’accessibilité aux lieux publics et administratifs, en établissant des parcours de marche, des lieux de pauses et de rencontres, en favorisant les commerces de proximité.

  • Accentuer l’offre de transports en commun

  • Aider à la préparation de la retraite avec vue sur un nouveau projet de vie lors de réunions organisées par les caisses de retraite, la CNAV ou tout autre organisme ou association œuvrant dans cette étape de la vie

      Proposer à l’entrée en retraite un bilan médical, sensoriel, psychique avec appréciation de l’environnement familial et social que de            de l’habitat . Refaire ce même bilan tous les 5 ans, voire moins si problèmes .

      Commencer à réfléchir en cas de situation complexe à la mise en œuvre de mesures d’accompagnement.

      Répertorier, informer sur toutes les activités et possibilités de continuer à s’épanouir dans la vie de la cité et se sentir utile                               (Associations ,bénévolat, activités culturelles divers ateliers, sorties organisées etc.)

     Inclure les retraités dans la politique citoyenne relevant du grand âge par une participation aux décisions locales (Conseils des Séniors ,    Conseils de quartiers…) et nationales avec concertation et co construction de leurs attentes. Les former aux enjeux du grand âge.

 

  • Partir de l’expérience des usagers eux-mêmes pour contribuer à l’amélioration et la coordination des parcours de soins et d’accompagnement

 

  • Mettre en place des campagnes nationales de prévention sur la sédentarité, l’obésité, les addictions, les maladies chroniques, l’état bucco-dentaire, l’hygiène alimentaire, l’audition, la vue, les chutes (causes de grabatisation précoce) avec suivi de leur impact.

 

  • Sensibiliser aux mesures de protection juridique, en particulier le Mandat de Protection Future

 

  • Inciter à faire ses Directives Anticipées

 

  • Aider à la construction administrative des aides en réponse aux besoins réels. Comment se retrouver dans ces mécanos administratifs ? Lutter contre la fracture numérique

 

  • Revoir et renforcer les aides financières qui ne répondent pas suffisamment aux besoins des personnes âgées et des acteurs d’accompagnement et de soins (SSIAD, SPASAD, Aides à domicile) . Diminuer le reste à charge.

 

  • Revoir l’APA en refondant la grille AGGIR qui ne laisse aucune place au temps d’accompagnement. Unification nationale des tarifs.

 

  • Abolir la barrière de l’âge à 60 ans.

 

  • Ouvrir la Conférence Départementale des Financeurs de la Perte d’Autonomie des Personnes Agées au représentants des personnes âgées.
     

 

La Prévention devrait bénéficier d’un plan national, au même titre que certaines maladies dont le Plan Alzheimer, favorisant l’émergence d’une vraie coordination entre les secteurs de santé, (hospitalier et libéral), médico sociaux et sociaux, avec un financement global et pérenne.                                                                                                                                               Françoise GOBLED