Un grand pas dans la liberté de recevoir des visites en EHPAD
- Françoise GOBLED, présidente de la FNAPAEF
- il y a 1 jour
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La FNAPAEF se réjouit de l’instruction de la DGCS (Direction Générale de la Cohésion Sociale), en date du 01/04/2026, relative au droit de recevoir des visites en établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) du champ de l'autonomie.
Cette instruction vise la mise en oeuvre effective, par les établissements, du droit de visite prévu par l'article 11 de la loi "Bien vieillir" du 08/04/2024, autorisant les résidents d'EHPAD à recevoir tout visiteur de leur choix, sans limitation d'horaires, y compris en dehors des horaires d'ouverture administrative de l'établissement, par exemple le week-end ou durant les temps de repas ou de soins.
Les EHPAD étant considérés comme le domicile des résidents, il est évident que les restrictions d'horaires de visite constituaient un contre-sens à leurs droits fondamentaux de citoyens.
Si toutes les conséquences de la crise du Covid n'ont pas encore été tirées, cette nouvelle instruction en est une majeure.
Elle permettra enfin aux proches de s'associer davantage à la vie du résident, de pouvoir l'accompagner dans tous les moments de la journée, de lui apporter aide et gestes attentionnés quand cela semblera utile dans la journée.
Elle les aidera à mieux comprendre les modalités de sa prise en charge par les personnels et l'institution.
Combien de fois les proches, en demande d'explications sur le déroulement d'une journée type, sur l'état de santé de leur proche, sur son comportement, sur la qualité de certaines prestations, sont-ils restés sans réponse ? "Je n'étais pas de service ; j'étais en congés ; je suis intérimaire ; je n'ai pas le temps de vous répondre...".
Les familles et les proches sont trop souvent considérés comme de simples visiteurs, tantôt jugés trop peu nombreux à venir (les stigmatisant un peu vite dans l'abandon) et tantôt jugés trop râleurs et exigeants.
Pourtant, le bien-être des résidents est étroitement lié à leur droit à une vie familiale, relationnelle et sociale non entravée. L'ignorer piétinait les droits fondamentaux de tout être humain.
Les EHPAD restent encore aujourd'hui trop souvent gérés comme des lieux de soins. La FNAPAEF, elle, ne cesse de défendre que ces institutions sont des lieux de vie, avec des soins.
Il est évident que cette nouvelle instruction rebat profondément les cartes sur l'organisation des EHPAD, sur la formation des professionnels au partage de l'accompagnement des résidents avec les proches, à l'information de ceux-ci dans un esprit de coopération utile et bienveillante pour tous.
Ce grand changement de paradigme ne pourra s'effectuer progressivement qu'avec des échanges éclairés et fructueux entre toutes les parties prenantes et le Conseil de la Vie Sociale (CVS) prendra alors toute sa valeur dans ce rôle de concertation et de coproduction de propositions.
Tout le monde y trouvera in fine sa valeur ajoutée, tant dans une relation apaisée et utile entre les personnels et les proches, que dans la qualité de vie des résidents.
La FNAPAEF est bien consciente des contraintes objectives de mise en œuvre de cette nouvelle instruction mais gage que la volonté des directions, des professionnels et des ARS permettra de la rendre effective en la gravant dans le marbre institutionnel.
Françoise Gobled, Présidente de la FNAPAEF
En complément, retrouvez ci-dessous l'article de Raphaëlle Murignieux du site "agevillagepro" qui a interviewé Françoise Gobled sur le sujet :




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